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Cruijff : livres

Sortie mondiale le 6 octobre 2016 de l’autobiographie de Johan Cruijff sous le titre « Mémoires », aux éditions Solar, (en anglais « My turn »), à ne manquer sous aucun prétexte !
Dans ses mémoires, Johan Cruyff a surtout souhaité mettre au grand jour les valeurs qui étaient les siennes. Il dresse ainsi les contours d’une véritable philosophie du football.

Simple et direct dans son style, poignant par son contexte, lumineux par ses pages sur le football.
Johan Cruijff affirme et démontre ses fidélités : sa famille, dont l’Ajax faisait aussi partie comme il l’indique dès la préface, et le football, avec une exigence de beau jeu porté vers l’attaque.
Le chapitre 24 offre un exposé clair et succinct des grands principes tactiques qui définissent le football total. Ces pages sont particulièrement instructives.
Johan Cruijff insiste tout au long de ses mémoires sur l’importance primordiale qu’il attache à la formation des jeunes footballeurs.
Il explique les objectifs qu’il a fixés à la Fondation Johan Cruijff, qu’il espère voir prolonger son œuvre au-delà de sa disparition.
Les Mémoires de Johan Cruijff sont à lire absolument pour tous ceux qui se passionnent pour l’Ajax, « son » club qu’il disait « avoir dans le sang », et plus largement pour un football ambitieux à propos duquel il ne transigeait pas.


Johan Cruijff
, unique génie du football et meilleur joueur de tous les temps, est décédé d'un cancer le 24/03/16.
Son apport à l’Ajax et au football mondial est immense et ne sera jamais oublié.
La tristesse qui frappe tous les supporters est indicible.


« Johan Cruijff, génie pop et despote »


Apôtre du beau jeu, révolutionnaire du football, artiste total, le plus grand, l'unique.


24/11/2015


Chérif Ghemmour, auteur de «
Johan Cruijff, génie pop et despote », nous a accordé cet entretien exclusif. Spécialiste du football néerlandais, il a commenté en direct avec talent les matchs d’Eredivisie sur MCS, et collabore à So Foot.


Ajaxfr : As-tu personnellement rencontré J.C, et quelle impression en as-tu retiré ?

Chérif Ghemmour : « Je ne l’ai rencontré qu’une seule fois. C’était au mois de juin dernier, pour une interview au magazine So Foot pour le Spécial Johan Cruyff. Une impression forte… Physiquement, il débordait d’énergie car c’était l’Open Day de sa fondation et pendant quatre heures, sous le soleil, il a animé pas mal de petits ateliers sportifs avec les enfants. A 68 ans, il avait une pêche d’enfer. Intellectuellement, il a une intelligence très vive. Lors de l’interview (en espagnol), on avait l’impression qu’il était capable de mener cinq discussions en même temps… Il devançait souvent son interlocuteur en répondant alors que la question n’était pas finie. »



Ajaxfr : Son attitude à ses débuts pour obtenir des avantages financiers ne relève-t-elle pas de la défense d’intérêts professionnels individuels et collectifs, davantage que de cupidité ? Les revenus alors sont sans rapport avec les sommes démesurées gagnées par les vedettes du football actuel.

Chérif Ghemmour : « Les deux, en fait. Mais avec un goût pour l’argent qui heurtait beaucoup aux Pays-Bas. L’Ajax n’était pas non plus un club riche, alors exiger sans cesse beaucoup d’argent, c’était un peu too much. Avec l’Ajax, il faisait clairement cavalier seul et dealait essentiellement pour sa pomme. Mais avec la sélection néerlandaise, c’était plutôt des revendications collectives : primes de matchs et assurance des joueurs. »



Ajaxfr : Le niveau de revenu des joueurs de foot était alors très inférieur à celui d’aujourd’hui ?

Chérif Ghemmour : « Très inférieur ! Le salaire moyen était celui de cadres supérieurs d’entreprise, pas plus. C’était pas mal payé mais ce n’était pas exorbitant. Il ne faut pas oublier qu’après leur carrière, les footballeurs devaient obligatoirement se mettre à travailler encore 30 ans pour prendre leur retraite vers 65 ans. »



Ajaxfr : Sur la coupe du monde 1978, n’y avait-il pas en fait, également aux Pays-Bas, un mouvement d’opposition, ainsi les joueurs hollandais refusant de saluer les généraux argentins au terme de la finale ?

Chérif Ghemmour : « Il y avait un mouvement d’opposition dans la population mais il est resté marginal. Concernant les joueurs de la sélection, aucun d’entre eux n’a envisagé le boycott : ils voulaient tous aller en Argentine et jouer la coupe du monde. Après la finale, les Hollandais ont refusé d’aller serrer la main du général Vidella et ils ne sont donc pas allés chercher leurs médailles de finalistes. Là, c’était clairement une attitude politique revendiquée. »


Ajaxfr : Il y a une opposition radicale de culture footballistique entre l’Ajax, et le Barça, d’une part, et l’Inter de Milan, d’autre part. Dennis Bergkamp le raconte très bien dans son autobiographie. N’est-ce pas là l’explication des critiques de JOHAN CRUIJFF à l’encontre de Mourinho ?

Chérif Ghemmour : « Tout à fait. Cruyff critiquait Mourinho à deux niveaux. Le premier c’étaient les options « défensives » du coach portugais basées sur un jeu de contre où la prise de risque était minimaliste. Un football cynique, en somme… La deuxième critique, plus profonde, concerne les finalités sportives du foot. Pour Mourinho seule la victoire compte, ainsi que le résultat et le palmarès. Cruyff pense autrement : les joueurs doivent s’épanouir avec un jeu qui gagne aussi mais qui doit leur plaire à eux mais aussi au public. C’est la plus belle réussite de Cruyff en tant qu’entraineur : avec l’Ajax et le Barça il a apporté un foot qui plaît et qui gagne. Moralité : on n’oubliera jamais l’œuvre de Cruyff en tant que coach alors que pour Mourinho, on ne retiendra que son palmarès et rien d’autre. Mourinho ne laissera pas une grande place dans l’histoire du Jeu. »



Ajaxfr : On parle d’école hollandaise. Mais le football pratiqué par feyenoord, depuis des années, est très différent de celui de l’Ajax. Etait-ce déjà le cas dans les années 70 ?

Chérif Ghemmour : « En gros, oui. Le Feyenoord est beaucoup plus physique, plus teigneux. L’Ajax est plus « esthétique ». Ceci dit, dans les années 70, il y avait de beaux joueurs au Feyenoord, comme le très bon technicien Wim Van Hanegem ou le milieu Wim Jansen et l’attaquant insaisissable Coen Moulijn. Costaud mais avec du talent individuel, le Feyenoord seventies ! »



Ajaxfr : Parmi les causes des difficultés de l’Ajax au niveau international, JOHAN CRUIJFF cible la formation. Pourtant, l’Ajax serait le meilleur club formateur en Europe (étude 2014) ? A-t-il raison ?

Chérif Ghemmour : « Je ne sais pas qui a raison. La formation à l’Ajax reste très bonne. Le problème c’est que les jeunes joueurs qui y sont formés manquent un peu de caractère. Ils partent de plus en plus tôt dans des clubs étrangers et ils manquent de joueurs plus expérimentés pour les faire progresser et composer ensemble des équipes performantes en coupes d’Europe. »



Ajaxfr : JOHAN CRUIJFF vient d’annoncer son retrait de l’Ajax, suite au limogeage de Wim Jonk. Sa popularité est telle que des groupes de supporters le soutiennent et manifestent contre le club. Point de salut pour l’Ajax hors de JOHAN CRUIJFF ?

Chérif Ghemmour : « JC a aussi pris ses distances avec le club à cause de ses ennuis de santé. Ensuite, son implication à l’Ajax est sujette à caution parce qu’il ne venait pas souvent non plus à Amsterdam. Enfin, pour le limogeage de Jonk (qui est un très proche de Johan), je n’ai pas assez d’infos sur le sujet. Quant aux supporters, ils vénèrent toujours autant la vieille idole mais sont-ils vraiment aptes à juger du bon ou du mauvais boulot de Wim Jonk ? Et vouloir opposer Cruyff et le club sans bien connaître le fonctionnement interne de l’Ajax est un peu excessif. Plus généralement, il va bien falloir un jour que l’Ajax apprenne à vivre sans Johan Cruyff, malgré son immense héritage de joueur, entraineur, formateur et conseiller du club. »







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